Le toucher, remède miracle.

December 13, 2010

(parue dans le journal de la Guilde des herboristes)

 

 

En tant qu’herboristes, nous utilisons souvent les plantes en externe pour des traitements mineurs comme des coupures ou des brûlures. Dans le cas d’une pathologie plus importante comme de l’eczéma, du psoriasis ou de l’acné, les plantes en externe accompagnent généralement un traitement plus complexe en interne qui vise souvent le foie ou la digestion, la peau étant indissociable de l’état de santé générale de la personne. Comme je suis assez certaine que cela sera abordé amplement dans les autres articles de ce numéro, j’aimerais plutôt vous entretenir de l’importance du toucher, la peau en étant le centre.

 

 

Le toucher est le premier sens à se développer chez les humains. Il est intéressant de noter que c’est le seul sens à être proactif, c’est-à-dire que nous ne pouvons être touchés sans toucher et vis-versa.  De plus, la peau est munie d’un nombre infini de sites récepteurs, ce qui la rend particulièrement sensible. Cette enveloppe protectrice a donc un impacte important sur le système nerveux, remarquez comment on aime tous se lover dans du cachemire ou au contraire comment on peut devenir irritable quand nous souffrons de démangeaisons. Cela est aussi probablement relié au fait que la peau et le système nerveux se développent à partir du même tissu dans l’embryon.

 

 

Le traitement de la peau peut donc favoriser la guérison des pathologies nerveuses. Des stimulations agréables comme des massages à répétitions aident les personnes en sevrage à réduire leur taux d’anxiété, cette technique a été largement exploitée par le regroupement T.R.A.S.H.*. De plus, une satisfaction tactile nous aide à nous sentir reliés, soutenus, et cette proximité nous sécurise grandement. Nous sommes des êtres de clans et seuls nous ne pourrions survivre, ce faisant dans nos sociétés individualistes, les gens vivent un stress immense par manque de contact physique.

 

 

Mais ce n’est pas tout, le contact physique est bien plus bénéfique que nous pourrions l’imaginer, en fait l’intention y est aussi pour beaucoup, c’est ce que nous relate Ashley Montagu dans son ouvrage La peau et le toucher, un premier langage. Il y rassemble une multitude de recherches et d’études sur lesquelles il se base pour démontrer l’importance du toucher, particulièrement dans les premières années de vie. L’auteur n’affirme jamais prétendre à la vérité, mais expose ses conclusions comme étant des hypothèses fortement plausibles.

 

 

Il relate des observations faites sur des rats; ceux dont on s’occupe davantage présentent un meilleur taux de résistance au stress et sont en meilleure santé, leur immunité surpasse aussi ceux des rats des groupes témoins. Chez les animaux, le léchage des parties génitales ou de la région buccale à la naissance semble favoriser le transit intestinal, la miction et la respiration chez le petit ainsi que l’instinct maternel. Cette pratique chez les humains pourrait équivaloir à la longueur de l’accouchement, ainsi que l’allaitement au sein et les mouvements de la chaise berçante ou du porte-bébé. D’ailleurs, il a été démontré de multiples fois qu’un enfant en déficience ou né prématurément se développait à un rythme supérieur dans un environnement sécurisant empli de tendresse, tandis que les enfants d’orphelinats par exemple se retrouvent avec des troubles de développement et de comportement. Montagu stipule que l’important pour le comportement futur de l’enfant c’est surtout et avant tout l’attitude de la mère pendant l’allaitement, plutôt que le mode d’allaitement même.

 

 

Donc, un enfant qui évolue dans un milieu sain et harmonieux, qui reçoit une bonne rasade de câlins et d’attentions à la demande risque d’être en meilleure santé et de développer un comportement normal et agréable. Dans le cas où l’enfant aurait manqué de stimulations tactiles, il est possible de constater une difficulté à vivre ses émotions et de faire le lien avec des pathologies telles l’asthme et l’eczéma ou des habitudes comme sucer son pouce, un doudou préféré ou même l’alcoolisme, le tabagisme ou le sexe compulsif en vieillissant.

 

 

Les câlins, caresses, accolades, et autres formes de contacts physiques agréables sont donc à prescrire dans tout processus de guérison, voir à tous les jours et plusieurs fois par jour. Là-dessus, je vous embrasse donc tous très fort, et comme je dis à ma fille, venez qu’on se choudoudoune !

 

 

 

* T.R.A.S.H. : Techniques et Références pour l’Accompagnement des Sevrages d’Héroïne.

Références : MONTAGU Ashley. La peau et le toucher, un premier langage, Éditions du Seuil, Paris, 1979.

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