Un peu de sens au Salon du livre de Montréal

November 20, 2018

 

 

 

 

 

 

J’ai fait acte de présence au Salon du livre de Montréal. Sans attentes. Encore une fois contrainte à observer l’humanité qui me désole. Je vous ai laissé là-dessus l’année passée et je n’ai pas donné suite, je suis un peu déçue parce que c’est important pour moi de souligner aussi toute la beauté de l’être humain. Je crois en fait que ce qui me désole, c’est de voir autant de potentiel inexploité, tant de tristesse, de désarroi, de vide… Parenthèse faite, retour au pré-Salon du livre de Montréal : Au départ, je me demandais bien ce que j’allais faire là. Déjà que ce n’est pas facile de parler de son livre, surtout quand t’abordes une panoplie de sujets ; comment synthétiserde façon intelligible ton idée au lecteur curieux ?  

 

Mais la crainte qui m’habitait c’était plutôt ; mais qu’est-ce que j’ai à offrir aux gens ? Je me disais que les gens voudraient savoir ce que je fais dans la vie, si je donne des ateliers, des conférences, de l’accompagnement, des soins, des traitements. Non. J’ai mis ça de côté pour prendre soin de moi. D’une certaine façon, je m’amuse à dire que ces dernières années j’ai tenté de mettre en pratique ce que je propose moi-même dans mon livre. Et cette réflexion m’a amené à une autre (c’est comme ça que ça fonctionne dans la tête non!), à cette révélation que j’ai eue il y a quelques années ; qu’on passe notre vie à vouloir être quelqu’un d’autre, qui probablement, passe lui aussi sa vie à vouloir être quelqu’un d’autre. Reconnaître que nous sommes tous des êtres uniques, magnifiques et voulus. Reconnaître tout le chemin que j’ai fait. Reconnaître que ce que j’ai de plus beau à offrir, c’est moi-même. C’est tout un cadeau que de s’offrir ainsi authentiquement, point barre.

 

Je ne suis pas conférencière, thérapeute, je n’ai même pas de projet d’écriture en cours (quoique l’appel est fort), je ne suis même pas connue, j’ai juste 34 j’aime sur mon site internet, et je ne sais même pas si j’ai vendu plus que 5 livres depuis sa nouvelle sortie en juillet. La réalité c’est que je travaille dans un petit café de village, j’ai une petite vie bien tranquille, et même pas suffisamment. Je suis dans un espace de besoin de ralentir, de quête de sens, de divinisation. Un besoin urgent de rapatrier mes énergies vers moi-même, de diriger mon attention sur ce qui fait sens. Ralentir. Me nourrir de l’intérieur. Regarder la vie passer, elle qui s’écoule si rapidement. Un besoin d’espace, de ménage, de désencombrement, une envie folle d’après-midi passé sur le sofa avec une grosse doudoune, un bon livre, un feu dans le foyer (si seulement), des envies éternelles de chalet quoi, d’hibernation à long terme, ça a peut-être rapport avec la saison, mais il me semble que c’est l’automne depuis quelques années dans ma vie! Je ne veux plus rien savoir de rien, tellement tout me paraît futile. Finis de contribuer à cette surconsommation qui épuise la vie, fini de gaspiller ma vie à travailler pour contribuer à ce système qui m’épuise. C’est un appel fort et puissant d’éveil de conscience, de retour au gros bon sens.

 

Et il faut dire que ça m’a travaillé d’être au Salon du livre ! Toute cette abondance, cette surconsommation, chaque éditeur qui propose encore des sacs de plastique, les milliers de bouteilles d’eau en plastique, les milliers de livres, d’arbre qui ont été coupés pour ces livres, des milliers de dollars en jeu, tout ça m’a parut d’une absurdité incongrue. Je ne sais pas si ça se dit – absurdité incongrue-, mais ça fait joli ! L’offre est tellement grande que je peux bien comprendre que le consommateur soit perdu, et moi je me sens perdue de contribuer à tout ça parce que je sens que j’ai quelque chose à dire. Mais aie-je vraiment quelque chose à dire ? Je veux dire, est-ce nécessaire de le dire ? Qui donc est réceptif à ce que j’ai à dire ? Peu importe. 

 

Quelque chose avait envie d’être dit par mon canal, et voilà c’est fait. Peut-être êtes vous dans l’admiration devant tant de réalisation de ma part, mais j’ai envie d’un moment d’humilité. Écrire un livre c’est une chose, le vendre c’est une autre ! Et ce n’est pas une étape que je trouve facile, et je n’ai pas envie de rentrer dans le jeu promotionnel du il faut écrire un blogue (chut!!), être sur tous les réseaux sociaux, tous les jours, accepter tout le monde comme amis, dévoiler sa vie privée à qui bon a le vice de la scruter de fond en comble, comme s’il se curait le nez de vos propres accomplissements, bordel, donner des conférences et machins machin… Non. Je suis en mode protection de mon espace, empuissancement, prendre soin de moi… bon je me répète… et tout le tralala déjà mentionné ci-haut. 

 

 

Alors j’observe tous ces livres, tous ces auteurs, et fais de très belles rencontres, vraiment magnifiques. D’abord mon équipe aux éditions ADA, ils sont géniaux, je me sens très choyée de faire partie de leur famille ! J’ai rencontré d’autres auteurs et force de constater comment au final, ce qu’on a à dire c’est la même chose juste canalisée différemment, c’est magnifique ! Parce que ça résonne différemment, c’est parfait. Moi je crois vraiment que la vie nous apporte toujours l’information et les enseignements dont on a besoin au juste moment et les façons de les recevoir diffèrent d’une personne à l’autre. Ce n’est pas tout le monde qui sont ouvert à lire un livre de développement personnel ou de psychologie ou de spiritualité, mais force de constater qu’on est émotionnellement éveillé, déclenché lorsqu’on lit un roman et que cela nous permet de mettre le doigt sur des choses qui veulent être entendues, explorées, transmutées, suffit de développer les outils pour le faire, et ça, ce n’est peut-être pas nécessairement dans un roman que ça se trouve, mais peut-être bien sur mon blogue !

 

Mais bon, tout ça pour vous dire que j’ai tenté de trouver un sens divin à cette expérience. J’aime beaucoup nous imaginer, nous êtres humains, comme étant des parties de Dieu, un peu comme nos cellules nous constitues, et là je me suis imaginée au Salon du livre comme étant en fait dans une partie du cerveau de Dieu, avec tout son imaginaire mis sous forme diverse de possibilités romanesques ou documentaires. Pourquoi pas, il faut bien donner un sens à la vie, puisqu'elle n'en a pas! 

 

 

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